Le couple franco-allemand

Alimentation mondiale et bioénergie - 9ème CMFA (Straubing, 9 juin 2008)

Le 9ème Conseil des Ministres franco-allemand s’est tenu le 9 juin 2008 à Straubing. Cette réunion ministérielle commune a lieu dans ce format depuis 2003 au printemps et à l’automne alternativement en France et en Allemagne. Il était consacré cette année à l’énergie et au climat.

Le 9ème Conseil des Ministres franco-allemand s’est tenu le 9 juin 2008 à Straubing. Cette réunion ministérielle commune a lieu dans ce format depuis 2003 au printemps et à l’automne alternativement en France et en Allemagne. Il était consacré cette année à l’énergie et au climat.

Ministère de l’Agriculture et de la Pêche / Ministère fédéral de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Protection des Consommateurs

Après une baisse quasi-ininterrompue des prix réels des denrées alimentaires et des produits agricoles depuis les années 1960, les prix de la quasi-totalité des produits agricoles sur les marchés mondiaux ont fortement augmenté en 2006 et surtout en 2007. Les facteurs de ces hausses de prix sont à la fois conjoncturels (accidents climatiques dans certains pays exportateurs, phénomènes de spéculation…) et structurels (hausse de la demande mondiale de produits alimentaires).

Cette situation sur les marchés souligne combien la lutte contre la faim et la malnutrition à l’échelon mondial fait partie des missions les plus importantes de la communauté internationale. Dans le monde, plus de 850 millions de personnes connaissent encore la famine, tandis que le nombre de personnes souffrant de malnutrition dépasse les 2 milliards.

Le ministre français de l’agriculture et de la pêche et le ministre fédéral allemand de l’alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs s’investissent en faveur d’une agriculture capable d’assurer l’alimentation dans le monde entier. Un secteur agricole performant dans toutes les régions du monde est la condition préalable pour un approvisionnement alimentaire sûr. Les deux ministres entendent tout mettre en œuvre au niveau national, au niveau de l’Union Européenne et au sein des organisations multilatérales pour favoriser une agriculture durable et productive, améliorant la sécurité alimentaire.

Pour ce faire, les deux ministres soulignent que :
-  Des mesures d’aide alimentaire d’urgence doivent être prises pour répondre rapidement et efficacement aux besoins des populations en situation critique.
-  Parallèlement, nous devons nous mobiliser sur des mesures visant à relancer la production de la prochaine campagne agricole dans les pays en développement.
-  Enfin et au delà, une relance des investissements est à promouvoir en s’attaquant aux dimensions plus structurelles du développement du secteur.
Une mobilisation efficace du secteur agricole passe par la possibilité pour les pays concernés de mettre en oeuvre des politiques alimentaires, agricoles et rurales, adaptées à leur situation. Ces pays doivent pouvoir disposer des instruments politiques nécessaires pour développer leur sécurité alimentaire. Des politiques régionales peuvent être aussi efficaces pour faire jouer des complémentarités entre acteurs et économies, à niveau de compétitivité équivalent. Enfin, les gouvernements nationaux doivent, selon les règles de bonne gouvernance, trouver les mesures nécessaires pour assurer l’alimentation de leur population face aux aléas et aux à-coups des marchés internationaux.

La Conférence de Rome du 3 juin a donné une nouvelle impulsion à la mise en commun des efforts pour apporter des réponses adéquates à la crise alimentaire mondiale. Nous nous engageons à contribuer activement en commun à la mise en œuvre de ces orientations.

Les deux ministres rappellent aussi que face à la demande croissante en denrées alimentaires des années à venir, l’agriculture des pays industrialisés, y compris l’Union européenne, aura un rôle à jouer. Le défi pour nos agricultures est de produire plus, et de produire mieux. Dans le même temps, le développement de la bioénergie doit poursuivre sa progression afin que ses potentiels puissent être exploités pour la protection climatique et l’approvisionnement énergétique. Ce développement doit se faire de manière durable et responsable de façon à ce qu’il n’entre pas en conflit avec la sécurité de l’alimentation mondiale. A cet égard, les ministres français et allemands estiment que les objectifs fixés par l’Union européenne pour le développement des biocarburants sont raisonnables, car ils permettent de continuer à consacrer près de 90% de la surface agricole européenne aux productions alimentaires. D’autres mesures en discussion dans l’Union européenne, comme la suppression de l’obligation de jachère, permettront par ailleurs de remettre des terres en production. Par conséquent, il convient à la fois de développer et d’exploiter les potentiels de la production alimentaire et énergétique.

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