Déclaration conjointe de Jean-Pierre Jouyet et de Günter Gloser (21 janvier 2008)

Déclaration de presse conjointe des deux Secrétaires Généraux pour la coopération Franco-Allemande, M. Günter GLOSER, Ministre délégué pour l’Europe et M. Jean-Pierre JOUYET, Secrétaire d’État chargé des Affaires européennes

Déclaration de presse conjointe des deux Secrétaires Généraux pour la coopération Franco-Allemande, M. Günter GLOSER, Ministre délégué pour l’Europe et M. Jean-Pierre JOUYET, Secrétaire d’État chargé des Affaires européennes

La coopération entre la France et l’Allemagne, au service de l’Europe et de ses citoyens.

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Jean-Pierre Jouyet et Günter Gloser (Berlin, 11.07.2007) - Photo : © Auswärtiges Amt


La journée franco-allemande, qui a été instituée à l’occasion des commémorations du 40eme anniversaire du traité de l’Élysée, le 22 janvier 2003, matérialise les liens très étroits, dans tous les domaines, qui unissent la France et l’Allemagne au travers de manifestations impliquant gouvernements, collectivités territoriales, associations, écoles, entreprises...

C’est d’abord une occasion privilégiée de promouvoir l’apprentissage de la langue du partenaire, gage d’une compréhension mutuelle, d’une ouverture sur la culture de l’autre, du respect de la diversité culturelle européenne mais aussi, de plus en plus, un atout certain dans une carrière professionnelle. Pour illustrer les bénéfices liés à l’apprentissage de la langue du partenaire, nous avons lancé conjointement avec les autorités en charge de l’éducation dans chaque pays et l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, une opération baptisée « Journée Découverte ». Cette opération vise à sensibiliser les élèves concernés aux opportunités professionnelles liées à la mobilité dans l’espace européen grâce à la maîtrise d’une langue étrangère. Concrètement, les élèves effectuent un stage d’une journée dans une filiale d’une entreprise allemande implantée en France ou d’une entreprise française en Allemagne. Le 22 janvier, les Ministres rencontreront la rédaction et les élèves qui effectuent une visite au siège de l’AFP à Berlin.

Cette journée du 22 janvier doit également nous amener à considérer l’horizon naturel de la relation franco-allemande, c’est à dire la construction européenne. Rappeler cette dimension européenne est essentiel, afin que les jeunes générations n’aient pas le sentiment qu’il ne s’agit que d’une victoire de la mémoire sur le passé. La réconciliation franco-allemande a été la condition de la construction européenne. Elle est l’oeuvre d’une génération dans chaque pays, une oeuvre destinée à conjurer le spectre de trois guerres fratricides, qui ont conduit l’Europe au bord du gouffre. Nous sommes aujourd’hui les bénéficiaires mais aussi les héritiers d’une entreprise qui a amené une période de paix et de prospérité sans précédent sur notre continent.

Nos deux gouvernements ont développé des instruments de concertation sans équivalents au monde. Depuis 2003, les conseils des ministres franco-allemands, auxquels participent l’ensemble des membres des deux gouvernements, permettent d’aborder tous les domaines de l’action gouvernementale. C’est dans ce cadre qu’a été notamment développé le manuel d’histoire franco-allemand, aujourd’hui utilisé par les élèves des classes de terminale dans les deux pays. Ne négligeons pas l’intérêt que suscite notre coopération dans d’autres régions du monde, notamment en Asie, où l’on vit encore trop souvent avec le poids d’un passé qui divise. Nous aimerions faire profiter les pays qui le souhaitent de notre expérience. Le Conseil des Ministres franco-allemand veille aussi à être au plus proche des préoccupations des citoyens : le dernier CMFA à Berlin a été consacré aux questions d’intégration, le prochain à Paris permettra d’aborder la problématique de l’énergie et du changement climatique.

La relation franco-allemande est une relation dynamique et qui se veut ouverte aux autres partenaires européens. Cette coopération bénéficie à l’ensemble des partenaires. La négociation sur le traité de Lisbonne est là pour le rappeler. Notre rôle est de veiller à résoudre d’éventuels différends, au bénéfice de l’ensemble de l’Union européenne. Des dossiers très importants ont récemment abouti.

Nous sommes en effet convaincus que c’est en additionnant nos forces que nous permettrons à nos deux pays et à l’Europe de s’affirmer dans la mondialisation. La France et l’Allemagne ont une démarche concertée dans les instances internationales, afin de lutter efficacement contre le changement climatique. Nos deux gouvernements ont engagé une démarche commune dans le cadre de la dimension extérieure de la stratégie de Lisbonne pour une meilleure transparence des marchés financiers, notamment en ce qui concerne l’activité des Hedgefunds et des agences de notation. Nos forces armées engagent une coopération étroite dans la formation de l’armée afghane.

De la même façon que le soutien et la coopération étroite de la France a contribué au succès de la présidence allemande, l’Allemagne marquera son soutien à la présidence française. Là aussi s’applique la devise : « Réussissons l’Europe ensemble ».

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