“La francophobie comme élément constitutif du nationalisme allemand (1770 – 1840)”

Ich will den Haß gegen die Franzosen, nicht bloß für diesen den Krieg, ich will ihn für lange Zeit, ich will ihn für immer. Dann werden Teutschlands Grenzen auch ohne künstliche Wehren sein, denn das Volk wird immer einen Vereinigungspunkt haben, sobald die unruhigen und räuberischen Nachbarn darüber laufen wollen.“

[ Ernst Moritz Arndt, Über den Volkshass, 1813 ]

Ces « vociférations » révèlent les sentiments francophobes tels qu’ils sont prêchés en Allemagne dans le contexte de la domination napoléonienne. Elles émanent de Ernst Moritz Arndt, théologien évangélique de formation, écrivain mais surtout principal pourfendeur de Napoléon et de tout ce qui porte le nom de « Français ». Arndt est convaincu que la haine envers les Français est l’élément fédérateur sur lequel peut reposer la construction nationale allemande.

Cependant, contrairement à un mythe qui a longtemps sévi selon lequel les guerres de Libération (Befreiungskrieg) constitueraient l’acte de naissance du nationalisme allemand, l’idée nationale allemande est mise en question dès le XVIIIème siècle et repose déjà en partie sur l’opposition au voisin français.

Il s’agit donc ici d’étudier les origines et l’essor des mouvances francophobes en Allemagne (acteurs, modalités et supports de propagation) et de s’intéresser à l’influence de cette francophobie sur la construction nationale allemande, c’est à dire comprendre en quoi la haine de l’ennemi héréditaire (Erbfeind) français constitue-t-elle un facteur de cohésion nationale.

Antoine SAVAUX, étudiant en Master spécialité « Histoire Contemporaine » sous la direction de Robert BECK (Université F. Rabelais, Tours)

Date : Samedi 21 mai 2011 de 10h à 12h
Entrée : 6 € adhérents – 8 € non adhérents

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