Les fêtes de Noël en Allemagne

Les fêtes de Noël s’étendent en Allemagne sur tout le mois de décembre.

Les fêtes de Noël s’étendent en Allemagne sur tout le mois de décembre.

Le marché de Noël

Comme chaque année, à la fin du mois de novembre les places des villes allemandes se parent de couleurs et de lumière et se mettent à exhaler de doux parfums de pain d’épice, de vin chaud et de cannelle. C’est le marché de Noël, une tradition ancienne puisque le plus ancien, celui de Dresde, remonte à 1434.

Un mélange de traditions païenne et chrétienne

La célébration de Noël en Allemagne associe deux traditions, celle des Germains et celle du christianisme, qui se retrouvent dans le mot employé pour désigner Noël : "Weihnachten" (littéralement "les nuits consacrées"). Le mot est un pluriel, car jadis, avant la christianisation, toutes les nuits d’hiver étaient célébrées comme des nuits saintes par les Germains.
L’origine la plus ancienne de Noël remonte, en effet, à cette tradition païenne. Lors du solstice d’hiver, une fête se tenait en l’honneur du Dieu Soleil auquel on sacrifiait ses animaux favoris, le cheval et le sanglier. "Die Weihnacht" ("la nuit consacrée") était la nuit dévolue à Wotan, dieu de la guerre et de la foudre, qui prenait à cette occasion le titre de Sol invictus.

La seconde origine est celle de "Die Christnacht" ("la nuit du Christ"). Elle s’établit en 354 de notre ère, lorsque le 25 décembre fut choisi officiellement pour fêter la naissance du Christ. Souscrivant au principe selon lequel les fêtes païennes devaient être progressivement assimilées aux fêtes chrétiennes, l’Eglise accepta certains compromis. Dès lors, la Christnacht des chrétiens se superposa à la Weihnacht germanique : on emploie communément de nos jours l’expression de "Heiliger Abend" ("sainte nuit") pour désigner le soir du 24 décembre.

L’Avent

Le premier dimanche de l’Avent marque traditionnellement le début de la période de Noël. Le dimanche qui suit le 26 novembre, on allume dans les chaumières la première bougie de la "couronne de l’Avent" (Adventkranz). Le dimanche suivant, on allumera la seconde, et ainsi de suite jusqu’à Noël. Composée de branches d’épicea tressées, la couronne de l’Avent est décorée de pommes de pin, de rubans, etc...Toutes les maisons, les magasins et même les églises en ont une, ou plusieurs, suspendues au plafond de leur salle principale.

Dans le même esprit, on rencontre parfois des Adventsterne ("étoiles de l’Avent"), en référence à l’étoile apparue dans le ciel de Bethléem après la naissance du Christ. Elle comporte vingt-quatre petites étoiles de papier, numérotées et fixées à chacune des six branches d’une grande étoile de carton doré. Les enfants en ôtent une chaque jour pour qu’il ne reste plus que la grande lors de la veillée de Noël.

On trouve, enfin, la tradition du calendrier de l’Avent. Il s’agit d’une feuille de carton dans laquelle on a découpé autant de fenêtres qu’il y a de jours dans l’Avent, et derrière chacune d’elles on trouve une petite image en couleur, parfois une figurine ou encore un chocolat

Les gâteaux de Noël

C’est aussi l’époque où l’on commence la confection des premiers gâteaux de Noël (les "Weihnachtsplätzchen"), auxquels on donne parfois la forme des animaux sacrifiés par les ancêtres germains. Ces pâtisseries figuratives ("Gebildbrote"), dont la recette varie considérablement d’une région à l’autre, représentent aussi souvent des astres, héritage de croyances relatives à la fécondité ou à une magie divinatoire. Aujourd’hui, elles adoptent aussi parfois des formes plus modernes (locomotives, Mickeys, sportifs...).

La Saint Nicolas

Nombreux sont aussi les pains figuratifs représentant des saints, en particulier pour la Saint Nicolas (le 6 décembre), qui reste une coutume très vivante en Allemagne. Elle fait référence à un personnage historique, évêque de Myra en Asie Mineure, qui vécut au IVème siècle de notre ère et dont on rapporta les reliques en Europe à la fin du Moyen Age. Ayant effectué différents miracles, il devint patron des marins, et surtout, des écoliers. On lui confia alors la charge de leur attribuer des récompenses. qui font fuir les bambins.

Depuis le XVIème siècle en Allemagne, Saint Nicolas dépose des cadeaux, des friandises, des étrennes dans les chaussures bien cirées placées devant la porte ou sous la cheminée. Lorsqu’il frappe à la porte des maisons, tenant à la main le grand livre du ciel de leurs péchés, il est toujours suivi du Knecht Ruprecht (le Père Fouettard), moine bourru vêtu de noir qui porte le sac de cadeaux et un bâton pour punir les plus dissipés. Les enfants chantent des comptines en attendant sa venue et l’on rencontre, dans les rues et les magasins, de nombreux Saint Nicolas à l’habit de fourrure et à la barbe blanche ou des Knecht Ruprecht qui font fuir les bambins.

L’arbre de Noël

Les Allemands privilégient les décorations verdoyantes et utilisent toutes sortes d’espèces d’épineux, car la nature est un objet de vénération depuis l’époque pré-chrétienne. L’importance du sapin de Noël couvert de bougies se trouve par là justifiée. Mais s’il est aujourd’hui incontournable, il n’en a pas toujours été ainsi.

De fait, l’arbre de Noël ( "Weihnachtsbaum") tire plutôt ses racines de la sacralisation de la forêt propre aux pays nordiques : les Germains croyaient en effet qu’un arbre immense, éternellement vert, appelé "Yggdrasil", renfermait l’univers tout entier. Faire pénétrer la verdure dans le foyer était, de surcroît, une façon de préserver la nature que les mois d’hiver allaient mettre en berne. Le "Weihnachtsbaum" ne fut intégré que progressivemement à la célébration chrétienne. Décoré sans doute au départ de fleurs en papier, de pommes, de dattes et de noix, ce n’est qu’au XVIIIème siècle qu’on le rencontre orné de bougies.

Le jour de Noël

Noël est avant tout une fête de famille, et elle ne le serait pas complètement si elle n’était l’occasion de se rassembler autour de la table. Le 24 décembre, les magasins sont fermés l’après-midi conformément à la loi, et l’on en profite pour mettre la dernière main au repas du réveillon, avant que la famille ne se réunisse. Le son d’une clochette est parfois l’artifice utilisé par les parents pour annoncer le passage du Père Noël, et chacun pénètre, derrière les plus jeunes, dans la pièce réservée aux cadeaux. La fin de soirée est consacrée au repas.

Source : Ambassade d’Allemagne en France

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