Réouverture de l’Institut Goethe de Paris par Frank-Walter Steinmeier (4 octobre 2007)

Après deux ans de travaux de rénovation, l’Institut Goethe de Paris a rouvert ses portes dans ses locaux du 17 avenue d’Iéna. L’inauguration officielle a eu lieu mercredi 4 octobre 2007 en présence de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, la présidente du Goethe Institut, Jutta Limbach, et le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner. Une journée portes ouvertes, suivie d’une longue "Nuit blanche" est organisée le 6 octobre pour permettre au public de redécouvrir les installations (bibliothèque ultramoderne, salles de spectacle, de séminaire et salles de classes).

Dans son allocution, M. Steinmeier a souligné l’importance des cultures allemande et française dans le monde actuel. Citant l’écrivain Romain Rolland, il les a comparées aux "deux ailes de l’Occident", indispensables l’une à l’autre et plus nécessaires que jamais à l’Occident. "Car les changements économiques et politiques vont de pair avec une acceptation moins évidente de la culture européenne et occidentale comme ligne directrice universelle". Pour le ministre allemand, cela ne doit pas inspirer la crainte mais "souligner la nécessité de nous montrer à nouveau intelligibles, au vrai sens du terme". Bien plus. Dans le monde complexe issus des débris de la Guerre froide, "nous devons, Français et Allemands, présenter plus encore, et ensemble, le modèle européen de réconciliation et de compréhension réciproque". Cela ne passe pas seulement par la réunion d’ambassades françaises et allemandes, mais aussi par le regroupement d’instituts culturels (voir Nouvelles d’Allemagne du 1er octobre).

M. Steinmeier s’est félicité d’observer "manifestement un intérêt croissant" pour la culture allemande en France. C’est le cas à travers des succès comme ceux du groupe "Tokyo Hotel", du film "De l’autre côté", le dernier long-métrage présenté à Cannes par le jeune réalisateur Fatih Akin, ou des spectacles de la chorégraphe berlinoise Sasha Waltz. Héritée de l’esprit de réconciliation des pionniers de l’après-guerre, la coopération franco-allemande "ne va pas de soi", a-t-il ajouté à la suite de l’historien et politologue Alfred Grosser. Elle doit "être chaque jour recréée et réincarnée en actes". L’apprentissage de la langue est important. "La coopération franco-allemande et européenne est avant tout l’expérience de la rencontre et de la collaboration quotidienne entre les citoyens".

M. Steinmeier s’est félicité que la réouverture de l’Institut Goethe de Paris coïncide avec le 50ème anniversaire de la création des Instituts Goethe en France. L’institution, avec ses 130 instituts disséminés en Allemagne et dans 80 pays (dont sept en France), est la "marque culturelle" de l’Allemagne, le "visage culturel tourné vers le monde qu’offre notre pays à l’étranger". Or ce visage a évolué. Il s’est ouvert au monde, à d’autres cultures, à d’autres manières de penser, a souligné M. Steinmeier.

Après deux ans de travaux, "le Goethe Institut de Paris doit redevenir un lieu central de rencontre entre la culture française et la culture allemande", a souligné de son côté Mme Limbach. L’activité de l’institut avait dû déménager pendant la rénovation. Le public trouvera désormais des équipements ouverts et modernes, à l’image de la bibliothèque multifonctionnelle. Outre des ouvrages sur l’Allemagne, sa littérature, sa langue et son évolution artistique, celle-ci proposera des livres sur l’histoire des idées en Allemagne et sur les relations franco-allemandes. Elle accueillera aussi des lectures, débats et manifestations spéciales pour bibliothécaires.

Un vaste programme artistique accompagne cette réouverture. Jusqu’à la fin de l’année, une installation lumineuse de l’artiste Hans-Peter Kuhn mènera le visiteur vers les locaux rénovés de l’Institut Goethe, avenue d’Iéna et rue de Lubeck. A ses énergies positives répondront les rythmes endiablés du trio composé de Robyn Schulkowsky (percussions), Wolfgang Schmidtke (saxophone) et Matthias Muche (trombone), durant la journée et la nuit du 6 octobre. Une exposition de photographies sur la mode complètera ce programme. Jean-François Aloïsi, photographe de mode à Paris, a saisi sur la pellicule le défilé organisé il y a un an par le designer allemand Tilmann Grawe dans le décor du chantier de l’Institut Goethe.

Source : Ambassade d’Allemagne en France - CIDAL

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